Les délégués autochtones déplorent la faible participation des délégués canadiens aux événements organisés par les Autochtones; COP29

13 novembre 2024

Bakou, Azerbaïdjan - Des délégués autochtones du soi-disant Canada ont exprimé leur déception face au manque de présence de délégués canadiens lors de la Journée du leadership autochtone en matière de climat au pavillon du Canada pendant la COP29 à Bakou.

« On travaille d'arrache-pied pour faire connaître les récits et les enseignements de nos communautés ici, et le faible nombre de délégués canadiens présents pour écouter et apprendre est décourageant. Les peuples autochtones n'ont pas besoin de se prêcher leurs points de vue sur ces sujets : nous les connaissons tous déjà. On a besoin que le Canada soit là pour nous et prêt à apprendre de nous. Si le Canada refuse de nous écouter et d'apprendre de nous chez nous, comment pouvons-nous espérer qu'il soutienne nos droits sur la scène internationale ? », a déclaré Jennifer Pylypiw, du gouvernement métis d'Otipemisiwak.

Les peuples autochtones continuent de se heurter à des obstacles à une participation significative au sein d'espaces comme la CCNUCC. Bien que nous ayons obtenu du soutien au sein du Pavillon international des peuples autochtones, le Pavillon du Canada continue de réduire notre expérience et nos connaissances à une seule journée d'activités. Cela met non seulement de la pression sur nos délégations, mais nous isole systématiquement des discussions plus larges qui ont une incidence sur nos territoires.

 « Avec les événements animés par des Autochtones limités à une seule journée, et l’obligation d’assister aux conférences de nos proches autochtones et d’apprendre d’eux, la journée a été éprouvante. En tant qu'Autochtones, dans ces espaces, on attend de nous un niveau d'exigence plus élevé. On s'attend à ce qu'on assiste à des événements consécutifs, qu'on reste au courant de toutes les négociations et qu'on s'assure que le Canada prenne les mesures nécessaires pour lutter contre la crise climatique tout en défendant nos droits. Je suis déjà épuisée. Et ce n’est que le troisième jour », a confié Jayce Chiblow, d’Action climatique autochtone.

Les personnes présentes aux activités organisées au Pavillon du Canada à l’occasion de la Journée du leadership autochtone en matière de climat étaient majoritairement des Autochtones. Bien que nous apprécions toujours la solidarité de nos proches, les messages et les enseignements des experts et gardiens du savoir autochtones auraient été surtout bénéfiques aux Canadiens issus de la colonisation.

Angèle Alook a exprimé sa profonde déception quant à la faible participation aux différents événements : « Lors de la dernière séance, j’ai souligné comment les lois autochtones peuvent éclairer nos négociateurs canadiens, nous incitant à dépasser la common law britannique et à nous inspirer des lois cries. Ces lois naturelles sont essentielles pour nous unir à l'échelle mondiale et résoudre cette crise urgente. Malheureusement, je m’adressais principalement à ceux qui vivent déjà selon ces lois naturelles, alors que ce sont les membres de la délégation canadienne et nos proches colons qui avaient besoin d’entendre ces enseignements et ces récits. Je suis profondément déçue que ces histoires n'aient pas été partagées avec un public plus large que ces alliés autochtones présents. »

Les peuples autochtones sont titulaires de droits, mais lors d'événements comme les COP de la CCNUCC, nous sommes encore réduits au rôle de simples parties prenantes et n'avons accès qu'en tant que membres de la société civile. Prendre la parole dans les instances officielles et lors des séances parallèles est essentiel pour partager notre expérience vécue des changements climatiques et proposer des solutions adaptées aux territoires. L'accès à ces espaces est souvent difficile et la participation exige souvent de longues journées et de multiples engagements pour que nos voix soient entendues. Notre capacité à être présents régulièrement témoigne de l'amour et de l'engagement de nos proches envers des solutions concrètes. L'absence de représentants gouvernementaux et d'autres délégués de la société civile illustre à quel point les peuples autochtones demeurent peu prioritaires.

À l'ère de la vérité et de la réconciliation, on entend beaucoup parler de nos alliés non autochtones, mais l'engagement d'un allié ne saurait reposer sur la commodité ou la proximité. Être un allié, c'est pas juste créer un espace où on nous invite. Il s’agit plutôt de collaborer à la création d’un espace et d’une structure bénéfiques pour tous, puis de s’investir pleinement dans le travail.

Plusieurs autres occasions de participer à des événements organisés par des Autochtones auront lieu pendant la COP29. Veuillez consulter la liste des événements en cliquant sur les liens ci-dessous :

Programme de la COP29 du Pavillon international des peuples autochtones

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